Pour Reto Meisel, la saison européenne des courses de côte s’est terminée par une nouvelle grande victoire au Bongo Hill Climb Monsters en Croatie. Robin Faustini et Andreas Helm se sont également illustrés.
Organisé pour la sixième fois depuis 2021 à Skradin, le Bongo Hill Climb Monsters s’adresse principalement aux véhicules très puissants, répartis en huit catégories différentes. La puissance minimale requise est de 250 ch; le livret technique FIA n’étant pas obligatoire, les voitures de course répondant à des règlements ouverts et développant jusqu’à 1200 ch sont autorisées et même encouragées à prendre le départ.
Malgré tout, ce sont finalement des noms bien connus du Championnat d’Europe de course de côte qui ont triomphé, notamment Reto Meisel et Christian Merli. Le champion d’Europe du groupe 1 de cette année, originaire de Leuggern, a établi lors des deux manches un record du circuit pour les voitures de tourisme, récompensé par une prime supplémentaire de 1000 euros. Lors du «Shoot Out» opposant les dix voitures de tourisme «monstres» les plus rapides, le double champion suisse s’est une nouvelle fois imposé au volant de sa Mercedes SLK340 Judd V8. «Je n’ai même pas attaqué, j’ai juste monté des pneus neufs. Cette voiture, c’est comme si elle faisait partie de moi», a déclaré Meisel. Les 2e et 3e places chez les voitures de tourisme sont revenues aux Bulgares Vasko Vajarov sur Opel Astra et Niki Zlatkov sur Audi Quattro S1 Pikes Peak, toutes deux développant plus de 800 PS et équipées d’une transmission intégrale.
La victoire du jour sur le circuit de Skradins, long de 3387 mètres et situé aux abords du célèbre parc national de Krka (entre Zadar et Split), s'est jouée entre Christian Merli, au volant de la Nova Proto NP01 équipée d'un moteur Cosworth de Heini Mader, et Robin Faustini, au volant de la NP01 éprouvée dotée d'un moteur turbo Emap. Lors de la première manche, le Suisse était encore plus rapide de 18 centièmes, mais lors du deuxième sprint, il n’a pas pu pousser à fond en raison d’un problème de moteur.
L’Italien, de retour après une suspension de trois mois pour dopage, a en revanche signé le meilleur temps de la journée et s’est ainsi adjugé la victoire au classement général avec une seconde d’avance sur le Suisse. La troisième place du classement général est revenue à l’Italien Fausto Bormolini, également connu en Suisse, au volant de sa Reynard-Cosworth, devant les deux Osella FA30 du nouveau champion allemand de course de côte Benjamin Noll et du champion luxembourgeois Tommy Rollinger. Suite à des problèmes sur son Osella PA30, le père de Faustini, Simon Hugentobler, a renoncé à prendre le départ.
«Le fait d’avoir été si proche de Merli, je ne le considère pas comme un échec. Car sans ce problème lors de la deuxième manche, j’aurais pu le battre aujourd’hui. L’essentiel, c’est que tout soit resté intact», a déclaré Faustini en résumant sa dernière sortie de la saison. C’était peut-être aussi la dernière au volant de la voiture championne, qui est à vendre et pourrait bientôt trouver un nouveau propriétaire. L’avenir de Faustini reste encore incertain. Son objectif est de participer au championnat d’Europe avec une nouvelle voiture conforme aux normes FIA.
Andreas Helm a été le troisième Suisse à monter sur le podium – et ce, au volant de la voiture la moins puissante de la catégorie des voitures de tourisme de 250 à 320 ch, sans quatre roues motrices ni turbo. Bien que la VW Polo de Helm n’ait pas tout à fait atteint la puissance minimale requise, les organisateurs l’ont tout de même transféré, au cours de l’épreuve, du groupe des pilotes de tête vers le peloton. Seuls l’Autrichien Tobias Santer, au volant d’une VW Golf 1 de 304 PS, et un Bulgare au volant d’une Honda ont été plus rapides que Helm, qui a également établi plusieurs nouveaux records de la catégorie 1400 avec cette voiture en Suisse.
Bien qu’il ait dû se contenter d’une quatrième place, nettement derrière Helm, «Speedmaster» s’est montré tout à fait satisfait de sa seule participation cette année à la course de côte au volant de sa VW MB Polo. Corsin Rietiker avait également de quoi se réjouir: dans le groupe de Meisel, il a décroché la cinquième place derrière deux Porsche GT3 autrichiennes et une Lada Turbo infernale venue de Croatie. La BMW M3 équipée d’un moteur V10, développée par Rietiker lui-même, avait mérité une invitation de la part de l’organisateur. Parmi les monstres les plus puissants figuraient la Mitsubishi Dementor du champion norvégien de time attack Pettersen et la Renault Clio de 1200 ch du Slovène Grudnik, qui ont toutefois toutes deux connu des problèmes techniques.
Texte: Peter Wyss
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