C'est le grand classique du calendrier des courses en Suisse: ce week-end aura lieu pour la 81e fois la course de côte Saint-Ursanne – Les Rangiers, qui compte pour le Championnat d'Europe. L'événement lui-même a déjà fêté cette année son 100e anniversaire.
Ce centenaire a déjà été célébré dans le Jura lors du week-end de la Pentecôte. De nombreux pilotes et fans s’étaient alors rendus au Mémorial organisé sur le parcours d’origine, de Develier à Les Rangiers. Ce week-end, c’est la «véritable» course qui est au programme. Il s’agit de la 81e édition au total; onze d’entre elles se sont déroulées sur le parcours d’origine, avant que le départ ne soit déplacé à Saint-Ursanne en 1955. Depuis 1957, cette course classique fait partie du Championnat d’Europe.
La 81e édition s'annonce en tout cas passionnante. Le vainqueur de l'année dernière, Robin Faustini, a signé en 2025, au volant de sa Nova-Emap NP01, un temps de 1:40,589 min, que seul un pilote – lui-même – est en mesure de battre. «L’année dernière, il me manquait 1,3 seconde pour battre le record absolu de Merli», explique le leader du Championnat suisse de course de côte. «Et il faudra que tout se passe à la perfection pour battre ce temps de référence de 2022. Nous allons essayer avec un autre réglage. Mais je ne garantis rien. Et il est également possible que nous devions à nouveau tout changer samedi soir.» Les problèmes rencontrés par Faustini à Anzère au niveau du système d’admission ont d’ailleurs été résolus au banc d’essai. «J’espère que nous retrouverons notre pleine puissance.» Le principal challenger de Faustini pour le meilleur temps viendra probablement du Championnat d’Europe. Le Français Kevin Petit (qui roule lui aussi sur une Nova Proto) s’est illustré l’année dernière avec un excellent temps de 1:42 min. En plus il faudra toutefois garder un œil sur le rapide Français Maxime Dojat au volant de la Nova NP01. Il fait ses débuts à Les Rangiers dans le championnat suisse.
Avec un temps de 1:43,225 min, Marcel Steiner avait lui aussi réalisé une belle performance l'année dernière. Malheureusement, le pilote de la Nova-Proto, propulsée par Helftec-Power, s'est retiré à la dernière minute de la course de côte des Rangiers hier mercredi. «En raison des problèmes techniques rencontrés lors de la course de côte d’Osnabrück le week-end dernier, je ne suis malheureusement pas en mesure de prendre le départ à Saint-Ursanne. Malgré tous nos efforts, nous ne parviendrons pas à remettre la voiture en état de marche à temps, compte tenu du peu de temps dont nous disposons. Cette décision n’est pas facile à prendre, car j’attendais cette course avec beaucoup d’impatience.»
Les autres espoirs suisses reposent donc désormais sur Joël Volluz (au volant d’une Norma-Judd) et les deux pilotes de la catégorie 2 litres, Victor Darbellay (Nova-Hartley/Emap) et Michel Zemp (Norma-Helftec). Ce dernier s’était déjà fait remarquer l’année dernière avec son prototype moins puissant. Son meilleur temps à Les Rangiers, 1:45,480 min, n’avait vraiment rien d’un mauvais résultat…
Et puis il y a aussi les rapides «Européens» Petr Trnka, de République tchèque, et Joseba Iraola Lanzagorta, d’Espagne, au départ. Eux aussi pilotent une Nova Proto – et eux aussi savent comment aller le plus vite possible d’un point A à un point B aux Rangiers.
Restons au Championnat d'Europe, mais passons aux voitures à toit. Pour tous les fans de Reto Meisel, Les Rangiers est un rendez-vous incontournable. Non seulement parce que l’Argovien est en tête du classement général du Championnat d’Europe avec sa Mercedes SLK 340, mais aussi parce qu’il s’agit de la seule apparition de Meisel en Suisse. Sa capacité à défendre sa place de leader du Championnat d’Europe dans le Jura dépendra des résultats du Croate Matija Jurišić. Au volant d’une Peugeot TCR, ce dernier n’est qu’à quatre points de Meisel au classement général, à trois courses de la fin de la saison. Et ce dernier pourrait bien manquer d’adversaires à Les Rangiers. Certes, Roger Schnellmann s’est inscrit avec sa Mitsubishi Evo VIII. Mais la participation de Ronnie Bratschi (qui court sous licence tchèque) n’est pas garantie après la panne de turbocompresseur qu’il a subie lors de la manche du Championnat d’Europe en Pologne.
Il y a un an, Christoph Zwahlen était le pilote de voiture de tourisme le plus rapide du Championnat suisse au volant de sa Porsche 911 GT3. Ce pilote originaire de Suisse orientale avait signé un meilleur temps de 2:07,640 min et, au cumul des deux manches, il avait devancé de deux secondes Danny Krieg, qui allait remporter le titre de champion des voitures de tourisme. Ce dernier a d'ailleurs vendu entre-temps sa VW Golf Rally à Ludovic Monnier. Et ce dernier est en passe de battre les temps de Krieg. À Reitnau, il a été un peu plus d’une seconde plus rapide que l’ancien propriétaire sur le cumul des deux manches; à Anzère, l’écart était de deux secondes. Ce week-end, il faudra également garder un œil sur Sébastien Coquoz (Opel Kadett) et «Speedmaster» dans le monde des voitures de tourisme. Ce dernier s’est inscrit pour Les Rangiers dans la catégorie IS de plus de 3,5 litres avec une Porsche 911 GT3. Coquoz et «Speedmaster» ont tous deux réalisé un temps inférieur au-dessous de 2:10 min en 2025. Ruedi Fuhrer a lui aussi cette barre en ligne de mire. Le pilote de Honda CRX avait réalisé un excellent temps de 2:10,704 min l’année dernière.
À propos du parcours: avec ses 5,180 kilomètres, le parcours reliant Saint-Ursanne aux Rangiers est le plus long du calendrier suisse. Les pilotes doivent franchir un dénivelé de 350 mètres, ce qui correspond à une pente moyenne de 6,8 %. Le record absolu du parcours est détenu par le Sud-Tyrolien Christian Merli, établi en 2022 en 1:39,201 min (= 187,983 km/h). Le meilleur temps jamais réalisé en catégorie voitures de tourisme a été signé par Ronnie Bratschi l’année dernière en 1:53,522 min. Le record de la catégorie E1 est détenu par Reto Meisel avec un temps de 1:55,030 min, établi en 2022. Simone Faggioli est le pilote le plus titré de la course de côte Saint-Ursanne – Les Rangiers avec neuf victoires au classement général, devant Fredy Amweg (7), Marcel Tarres (6), Lionel Régal (5) et Jo Siffert (4). Parmi les pilotes suisses actuellement au départ, Roland Bossy et Marcel Steiner sont les plus titrés avec deux victoires chacun.
Le coup d’envoi sera donné à Saint-Ursanne le samedi 15 août à partir de 7 h avec les premières séances d’essais. Au total, trois séances d’essais sont prévues; la dernière débutera à 15 h 30. Dimanche, deux manches (à partir de 7 h) sont au programme. Les temps des deux manches seront additionnés à la fin. Le billet coûte 20 francs le samedi et 25 francs le dimanche. Un billet week-end est disponible au prix de 30 francs. L’entrée est gratuite pour les moins de 16 ans. Sur présentation de leur carte de membre, les membres du TCS bénéficient d’un billet week-end à 10 francs.
Pour en savoir plus sur la course de côte de Saint-Ursanne à Les Rangiers, rendez-vous sur https://rangiers.ch
Calendrier du Championnat suisse de course de côte 2026
6 et 7 juin, Hemberg*
13 et 14 juin, La Roche – La Berra*
28 juin, Reitnau
25 et 26 juillet, Ayent – Anzère*
14-16 août, Saint-Ursanne – Les Rangiers
29 et 30 août, Oberhallau*
12 et 13 septembre, Gurnigel
19 et 20 septembre, Châtel-St-Denis – Les Paccots
*comptent pour le Championnat suisse junior
Il était encore sur la ligne de départ de la course de côte Ayent-Anzère. Et il était également inscrit avec sa Norma M20F dans la catégorie CN pour la classique des Rangiers prévue le week-end prochain. Hier, mardi 11 août, Xavier Vermeille, pilote de voitures de sport originaire de Saignelégier (JU), est décédé de manière inattendue à l'âge de 65 ans.
Vermeille, qui a officié pendant de nombreuses années en tant que commentateur lors des épreuves du Championnat de France des courses de côte, participait au gré de ses envies à des courses en France et en Suisse, comme l'indique le site Internet du CFM Challenge, qu'il avait remporté en catégorie Open CN/3 au volant de ses Norma-BMW en 2023 et 2024.
Sa carrière dans le sport automobile, où le plaisir a toujours été au premier plan, a débuté avec une Alpine A110 en slalom. Ce dessinateur en bâtiment de formation a fait ses premières armes en course de côte au volant d’une Renault 5 Turbo. C’est avec cette voiture qu’il a disputé pour la première fois, en 2000, la légendaire course de côte des Rangiers en tant que pilote de l’Écurie des Ordons. Peu après, il est passé à la Formule 3, avant de trouver sa «vocation» chez les voitures de sport – d’abord avec une Ligier JS49, puis avec la Norma M20F, qu’il a pilotée une dernière fois le dernier week-end de juillet à Anzère.
Auto Sport Suisse adresse ses sincères condoléances à la famille et aux amis proches de Xavier Vermeille.
Avant la classique de Les Rangiers prévue ce week-end, quelques Suisses ont pris part aux courses de côte d’Osnabrück (ALL) et du Mont-Dore (FRA).
Seuls quatre Suisses – nettement moins que ces dernières années – ont pris part le week-end dernier à la 58e édition de la course de côte internationale ADAC d’Osnabrück, l’épreuve la plus septentrionale du Championnat allemand de course de côte. En tant qu’habitué et ancien vainqueur au classement général, Marcel Steiner, au volant de sa Nova Proto Helftec-Honda-Turbo, figurait parmi les favoris, mais a finalement dû se contenter de la quatrième place. Il a tout de même pu monter sur le podium général, composé des cinq pilotes les plus rapides de la journée. Le Français Sébastien Petit s’est imposé comme vainqueur du jour, grâce à la somme de ses deux meilleurs temps obtenus lors des trois manches disputées sur le circuit de deux kilomètres, devant l’Allemand-Slovène Patrik Zajelsnik (tous deux sur Nova Proto Emap Turbo) et l’Allemand Alexander Hin (Osella PA30).
Les nombreux groupes de la catégorie voitures de tourisme étaient moins bien représentés que d’habitude. Là encore, les trois Suisses au départ ont démontré leur talent de pilote en se classant respectivement 19e, 29e et 30e au classement général. «Speedmaster» a décroché, au volant de sa Ford Escort Cosworth, la deuxième place au classement général de toutes les voitures fermées, derrière le Tchèque Dan Michl sur Lotus Elise Hartley, et a remporté le groupe Classique (classement par catégories de cylindrée). Sergio Kuhn (Peugeot 308 TCR), troisième pilote de voiture de tourisme le plus rapide, a également remporté son groupe (Pf4), comme il l’avait déjà fait lors de plusieurs manches du championnat suisse cette année, tout comme Manuel Santonastaso, qui le suivait de près en quatrième position au volant de sa BMW 320 WTCC (Pf3).
Deux autres succès sont à signaler lors de la manche du Championnat de France de course de côte au Mont-Dore, qui faisait autrefois partie du championnat d’Europe de course de côte. Lionel Ryter s’est classé deuxième de sa catégorie au volant de sa Tatuus-Renault, derrière une Tatuus-Honda Masters, et a ainsi décroché la 19e place au classement général. Il n’a toutefois disputé que deux des trois manches organisées. Le vainqueur du jour est Marc Pernot, au volant de la nouvelle Nova Proto NP01 Hartley Turbo, dans la catégorie des voitures de sport jusqu’à deux litres, qui s’est ainsi assuré prématurément son troisième titre consécutif de champion de France de la montagne. Dans le Championnat de France de la Montagne VHC, Guillaume Mathez, au volant d’une Peugeot 309 GTI 16V du groupe A, s’est une nouvelle fois imposé dans son groupe AJ2, composé de cinq véhicules, et s’est ainsi classé cinquième pilote de voiture de tourisme VHC le plus rapide.
Texte : Peter Wyss
Cette année marque le 90e anniversaire de la naissance de Jo Siffert, le 55e anniversaire de sa mort et le 45e anniversaire de la mort tragique du non moins célèbre Herbert Müller («Stumpen Herbie»). Une exposition à Morat (jusqu’au 31 octobre) est consacrée à ces deux grandes figures du sport automobile suisse.
En Suisse, il existe quelques musées qui font battre plus fort le cœur des passionnés de sport automobile. On pense notamment à l’«autobau Erlebniswelt» à Romanshorn (TG), à l’exposition sur la F1 à l’Hôtel Meilenstein à Langenthal (BE) ou au Musée des Transports de Lucerne. De temps à autre, des expositions temporaires méritent également le détour. L’une d’entre elles est ouverte jusqu’au 31 octobre. Elle est consacrée à deux grandes figures du sport automobile suisse: Jo Siffert et Herbert Müller. Siffert, qui aurait fêté ses 90 ans en juillet, a trouvé la mort dans un accident à Brands Hatch il y a 55 ans; Müller (qui aurait eu 86 ans cette année) est décédé il y a 45 ans au Nürburgring.
L’exposition offre une fabuleuse rétrospective sur ces deux figures emblématiques de la course automobile suisse. Et, comme promis, elle s’enrichit régulièrement de nouvelles pièces. Cinq nouveaux véhicules, autrefois pilotés par Siffert et/ou Müller, sont arrivés récemment. Il s’agit notamment d’une Cobra Shelby 427 de 1964, d’une Porsche Carrera 904 GTS de 1964, d’une Abarth 1000 Sport de 1966, d’une Sauber C5 et d’une Ferrari 512 M Sunoco de 1971.
L'exposition, qui se tient à la Halle Murtenbox, Au Tombex 40, 3280 Morat, est ouverte au public tous les week-ends jusqu'au 31 octobre 2026, le vendredi de 14 h à 19 h et le samedi de 14 h à 17 h. Sur demande, les groupes d'intérêt, associations et cercles d'amis peuvent réserver une visite exclusive à l'adresse suivante: reservations@jo-siffert.ch
Comme lors des derniers numéros, nous publions ici quelques articles tirés du magazine trimestriel de l'ASS. Voici donc: Que-fait donc Marcel Fässler?
Marcel Fässler a fêté ses 50 ans le 27 mai. Le pilote schwyzois est toujours resté impliqué dans le sport automobile. Après avoir pris sa retraite sportive, en 2021, il a endossé, parallèlement à son activité d’instructeur de conduite au TCS, le poste de Head of Racing chez Sportec AG, à Höri (ZH). À ce titre, le triple vainqueur des 24 Heures du Mans a assumé diverses fonctions, notamment la direction du département sport automobile de la Porsche Sports Cup Suisse, la promotion de la relève et le coaching des pilotes. «J’ai quitté la partie administrative fin 2025», précise Fässler, «mais je m’occupe toujours du coaching au sein de la PSCS et de la Sportec Academy.»
Le jeune quinquagénaire était tombé dans la marmite il y a plus de quatre décennies, c’était inscrit dans ses gènes. Son père Fridolin, jadis double champion IKSM, avait transmis sa passion pour le pilotage au petit Marcel avant ses 10 ans. Après des années de karting (de 1985 à 1993), Fässler fut le seul non-Français à décrocher un volant de Formule Campus à l’École Winfield. Il s’était classé 3e en 1995. À 19 ans – peu avant son examen final de décorateur d’intérieur –, le pilote d’Einsiedeln avait déjà un pied en sport automobile professionnel. Ayant su convaincre également en Formule Renault, il a décroché un contrat de deux ans en Formule 3 française. Là aussi, il a brillé et atterri finalement en F3 allemande, où il se classait brillamment 2e en 1999, avec quatre victoires pour le team Bemani. Les succès de Fässler n’ont pas échappé à Norbert Haug, alors directeur sportif de Mercedes. En 2000, il lui ouvrait les portes du DTM. Marcel y remportait sa première victoire en 2001, à Oschersleben. Et en 2003, il terminait 3e du classement général.
En 2004, Marcel Fässler rejoignait Opel, où sa carrière sportive marqua le pas: «Elle a bien failli prendre fin», confesse-t-il. Il s'est alors battu pour revenir au premier plan grâce à une première participation au Mans (2006) et à une victoire aux 24 Heures de Spa (2007), au volant d'une Corvette. Le reste appartient à l’histoire. Avec Audi, Fässler a gagné trois fois dans la Sarthe, en 2011, 2012 et 2014. Il a également remporté le CM d’endurance en 2012, les 12 Heures de Sebring en 2013 et les 24 Heures de Daytona en catégorie GT, à nouveau avec une Corvette.
Depuis des années, Marcel Fässler vit à Gross, près du lac de Sihl, avec son épouse Isabel et quatre filles qui prennent peu à peu leur envol. Il cultive les valeurs traditionnelles, «probablement parce que mes parents m’ont bien éduqué.» Outre Le Mans, il estime que sa plus grande réussite est d’avoir pu évoluer en sport automobile professionnel pendant plus de 20 ans. Quand son emploi du temps le lui permet et qu’il n’a pas mal au dos, il enfourche son vélo de course, fait de la moto ou du ski de fond. Ou alors il s’occupe de sa bière artisanale, dont le nom en dit long: Flat out, pleins gaz.
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