• Newscenter

01.04.2026 Eric Jordan: «On constate une baisse générale du nombre de participants!»
Rallye Eric Jordan Motorsport Suisse | Auto Sport Suisse
Eric Jordan, expert en rallye, nous donne des informations © Cornevaux/Eichenberger

Eric Jordan (55 ans) est président de l’Association suisse des organisateurs de rallyes (AOR) et membre du comité Rallye. À ce titre, il prend position sur les principales questions liées au championnat suisse des rallyes. 

Tu es membre du comité Rallye, président de l'AOR et organisateur du Rallye du Chablais. Peux-tu expliquer à nos lecteurs en quoi consistent ces fonctions?
Eric Jordan : La fonction de président de l'AOR est symbolique; il s'agit d'un «cercle d'amis» qui rassemble les organisateurs de rallyes. L'AOR n'a pas de pouvoir décisionnel. Lors de nos réunions, nous échangeons des idées et des expériences et essayons de nous mettre d'accord pour soumettre des propositions au comité Rallye. En tant qu'organisateur, je m'occupe du Rallye du Chablais. L’organisation d’un rallye est très complexe. Nous avons la chance d'être bien implantés dans la région. Et nous avons pu établir au fil des ans une relation de confiance avec nos partenaires. Le rôle de président de l'organisation du Rallye du Chablais est varié. Il s'étend sur toute l'année et occupe une grande partie de mon temps libre, car nous assumons toutes ces tâches à titre bénévole, en plus de nos activités professionnelles. Mes tâches principales consistent à définir un parcours, trouver des financements et des sponsors, et entretenir des contacts réguliers avec les autorités communales, cantonales, militaires et policières. Il s'agit également de motiver et soutenir les membres du comité et les responsables des 45 départements. Il faut garder une vue d'ensemble et essayer de déléguer autant que possible. Les membres du comité exécutif m'apportent un grand soutien dans toutes ces tâches.

Ces dernières années ont révélé une tendance: le Rallye du Chablais et celui du Valais sont clairement les deux rallyes leaders de Suisse en termes de participation. Dans le Jura et au Tessin, celle-ci est plutôt en baisse. À quoi est-ce dû?
Par rapport aux années 2000, on constate une baisse générale du nombre de participants. À quelques exceptions près, ce phénomène s'observe également dans les pays voisins. Cela s'explique par un changement de mentalité et de perception chez les jeunes: à 18 ans, la conduite automobile n'est plus forcément une priorité pour eux. De plus, il existe aujourd'hui beaucoup plus d'activités de loisirs, et le sport automobile est très coûteux et chronophage. Les pilotes sont devenus des prestataires de services et se passionnent moins pour la mécanique.

Il n'y a plus guère d'équipes qui disputent l'intégralité du championnat suisse des rallyes (il y avait trois équipes de Rally2 en 2025), alors que depuis 2025, le nombre de rallyes est réduit à cinq afin de limiter les coûts. Pourquoi cette baisse
Proportionnellement, c'est la même chose dans les championnats français et italien. Seule une minorité de toutes les équipes participe au championnat. C'est bien sûr avant tout une question de finances. La majorité choisit un, deux ou trois rallyes en fonction du budget et du temps disponible. Les équipes veulent avant tout se faire plaisir avant de viser un titre.

Comment vois-tu l'avenir du rallye suisse?
Nous avons la chance d'avoir des rallyes qui existent de longue date et sont solidement ancrés dans leur région. Ces événements sont intéressants d'un point de vue sportif, touristique et économique. Et tant qu'il y aura des personnes engagées et passionnées pour les organiser, des bénévoles pour s'investir et des équipes qui comprennent l'importance d'y participer, je suis plutôt confiant pour l'avenir. Aujourd'hui, il serait très difficile de lancer ou de relancer un nouveau rallye. Et il est encore plus difficile de trouver de nouveaux organisateurs pour les mettre sur pied!

Que faut-il ou que peut-on faire pour la relève du rallye?
Comme il n'y a plus de championnat des marques en Suisse et que les importateurs ne disposent pas vraiment d'un département de sport automobile, il est difficile de trouver des solutions pour les juniors. Là encore, la question de la proportionnalité par rapport au nombre total de titulaires de licence se pose. Les très jeunes pilotes de karting se tournent plutôt vers la formule. Il faudrait les attirer avec une catégorie de voitures performantes et économiques, dans le cadre d'un trophée avec des primes. Sans prix cohérents, il sera très difficile de motiver les jeunes. Des discussions sont en cours avec des trophées internationaux, mais sans succès jusqu'à présent.

Tu es également responsable de l'E-Rallye du Chablais. Ce type de rallye représente-t-il l'avenir ou restera-t-il un produit de niche?
Sous le label «E-Rallye du Chablais», nous avons voulu regrouper tous les véhicules à motorisation alternative. Que l'on soit pour ou contre, cela n'a pas d'importance. L'objectif est de faire rouler tous les types de motorisation côte-à-côte, comme c'est le cas dans la vie quotidienne sur les routes. Personnellement, je crois fermement aux carburants de synthèse. J'espère que ce marché poursuivra son développement à l'avenir. 

Remarque: cette interview a été publiée mi-mars dans le magazine Auto Sport Suisse

Lien permanent

Zum Newscenter

Associés

Membre de

Équipementier